Travail des jeunes au Maroc : âge minimum et insertion professionnelle

Derniere mise a jour : 22/02/2026 4 vues

Âge minimum d'emploi au Maroc

Le Code du travail marocain (Loi n° 65-99) fixe des règles strictes concernant l'emploi des mineurs pour protéger les jeunes travailleurs.

Âge minimum légal

  • 15 ans : Âge minimum général pour l'admission au travail
  • 18 ans : Âge minimum pour les travaux dangereux ou insalubres
  • 16 ans : Âge minimum dans le secteur agricole avec dérogations spécifiques
  • 12 ans : Âge minimum pour les travaux légers n'affectant pas la scolarité (à vérifier selon les dernières modifications)

Exceptions et dérogations

L'inspecteur du travail peut accorder des dérogations exceptionnelles :

  1. Pour les enfants de 12 à 15 ans dans des activités non dangereuses
  2. Uniquement si la scolarité obligatoire est respectée
  3. Avec autorisation parentale écrite obligatoire

Protection des mineurs au travail

Travaux interdits aux mineurs

Le Code du travail interdit formellement aux mineurs de moins de 18 ans :

  • Travaux dans les mines et carrières
  • Manipulation de machines dangereuses
  • Exposition aux produits chimiques toxiques
  • Travail de nuit (entre 22h et 6h)
  • Port de charges excédant leurs capacités physiques
  • Travaux susceptibles de nuire à leur moralité

Conditions de travail spécifiques

Pour les jeunes de 15 à 18 ans, la loi impose :

  • Durée maximale : 8 heures par jour, 44 heures par semaine
  • Repos hebdomadaire : 24 heures consécutives minimum
  • Congés annuels : 21 jours ouvrables minimum
  • Visite médicale : Obligatoire avant l'embauche et annuellement

Formalités administratives

L'employeur doit constituer un dossier comprenant :

  1. Copie de l'acte de naissance ou carte d'identité
  2. Autorisation parentale légalisée
  3. Certificat médical d'aptitude
  4. Déclaration à l'inspection du travail
  5. Attestation de scolarité le cas échéant

Programmes d'insertion professionnelle des jeunes

Dispositifs gouvernementaux

Le Maroc a développé plusieurs programmes pour faciliter l'insertion des jeunes :

Programme "Tahil"

  • Formation qualifiante de 9 mois
  • Stage en entreprise de 3 mois
  • Allocation mensuelle de 2 000 MAD pendant la formation
  • Ciblage des diplômés sans emploi

Programme "Idmaj"

  • Contrats d'insertion de 24 mois maximum
  • Prise en charge de 60% du salaire par l'État
  • Formation complémentaire obligatoire
  • Destiné aux jeunes de 20 à 45 ans

Initiative "Moukawalati"

  • Accompagnement à la création d'entreprise
  • Financement jusqu'à 250 000 MAD
  • Formation en gestion d'entreprise
  • Suivi post-création sur 3 ans

Formation professionnelle

Le système de formation professionnelle marocain comprend :

Secteur public

  • OFPPT : Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail
  • Plus de 350 établissements de formation
  • Formations dans 120 filières différentes
  • Taux d'insertion professionnelle : environ 65% (à vérifier)

Apprentissage traditionnel

  • Secteur artisanal régulé par le Ministère du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Économie Sociale
  • Contrats d'apprentissage de 2 à 4 ans
  • Formation théorique et pratique combinée
  • Délivrance de certificats reconnus

Contrôle et sanctions

Rôle de l'inspection du travail

Les inspecteurs du travail sont chargés de :

  • Contrôler le respect de l'âge minimum d'emploi
  • Vérifier les conditions de travail des jeunes
  • Enquêter sur les signalements de travail des enfants
  • Imposer des mesures correctives aux employeurs

Sanctions pénales

Les violations de la législation sur le travail des mineurs sont punies de :

  • Amende : 25 000 à 30 000 MAD pour emploi de mineurs en dessous de l'âge légal
  • Récidive : Doublement de l'amende et possible fermeture temporaire
  • Travaux dangereux : Sanctions aggravées selon la gravité
  • Réparation : Indemnisation obligatoire en cas de préjudice

Défis et perspectives

Enjeux actuels

Malgré les avancées législatives, plusieurs défis persistent :

  • Secteur informel : Difficultés de contrôle dans l'économie non structurée
  • Zones rurales : Application moins stricte de la réglementation
  • Artisanat traditionnel : Équilibre entre formation et protection
  • Décrochage scolaire : Lien entre abandon scolaire et travail précoce

Améliorations récentes

Les autorités marocaines ont renforcé :

  1. La coordination entre ministères (Travail, Éducation, Justice)
  2. Les campagnes de sensibilisation sur les droits des enfants
  3. La formation des inspecteurs du travail
  4. Les partenariats avec les ONG de protection de l'enfance

Avec 3 976 offres d'emploi disponibles actuellement sur le marché marocain, l'insertion professionnelle des jeunes reste un enjeu majeur nécessitant une application rigoureuse du cadre légal et un renforcement des programmes d'accompagnement.

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