Labor Law

Travail des jeunes et age minimum - Burundi

25/02/2026 6 min read 31

Âge minimum d'emploi au Burundi

Le Burundi, en tant que membre de l'Organisation internationale du Travail (OIT), s'est engagé à respecter les normes internationales concernant le travail des enfants et des jeunes. Selon le Code du travail burundais, l'âge minimum d'admission à l'emploi est fixé à 16 ans pour les travaux ordinaires et à 18 ans pour les travaux dangereux ou pénibles.

Cette disposition s'aligne avec la Convention n°138 de l'OIT sur l'âge minimum d'admission à l'emploi, que le Burundi a ratifiée. L'objectif principal est de protéger les enfants et les jeunes adolescents contre l'exploitation économique et les conditions de travail préjudiciables à leur développement physique, mental et social.

Les employeurs au Burundi sont tenus de vérifier l'âge des candidats avant leur embauche en demandant des documents officiels tels qu'un extrait d'acte de naissance ou une carte d'identité nationale.

Travail des mineurs : cadre légal et restrictions

Le cadre légal régissant le travail des mineurs au Burundi est principalement défini par le Code du travail et les textes d'application relatifs à la protection des enfants.

Mineurs âgés de moins de 16 ans
L'emploi des enfants de moins de 16 ans est strictement interdit, sauf dans certains contextes spécifiques comme le travail en milieu familial ou la participation à des programmes d'apprentissage reconnus par l'État.
Mineurs âgés de 16 à 17 ans
Peuvent être employés pour des travaux légers et adaptés à leur âge, ne mettant pas en danger leur santé ou leur sécurité, et ne compromettant pas leur scolarité.
Mineurs âgés de 18 ans
Sont considérés comme majeurs et peuvent accéder à l'ensemble des postes de travail, y compris ceux classés comme dangereux ou pénibles.

Travaux strictement interdits aux mineurs

Le Burundi, conformément aux conventions internationales ratifiées, notamment la Convention n°182 de l'OIT sur les pires formes de travail des enfants, interdit certaines formes de travail aux mineurs sans exception.

  • Les travaux dans les mines et carrières
  • Les activités impliquant l'utilisation de substances chimiques ou toxiques
  • Le travail dans l'agriculture utilisant des pesticides dangereux
  • La manipulation de matériaux radioactifs
  • Les travaux à caractère sexuel ou l'exploitation sexuelle
  • Le travail forcé ou le travail en servitude
  • La mendicité ou l'exploitation à des fins criminelles
  • Les travaux exposant les mineurs à des températures extrêmes
  • Les travaux impliquant des machines dangereuses sans supervision adéquate

Horaires et conditions de travail des jeunes

Pour protéger la santé, la sécurité et l'éducation des jeunes travailleurs, le Code du travail burundais prévoit des dispositions spécifiques concernant les horaires et conditions de travail.

Durée maximale du travail : Les mineurs de moins de 18 ans ne peuvent pas dépasser 40 heures de travail par semaine. Pour les jeunes âgés de 16 à 17 ans en apprentissage, la durée peut être légèrement modifiée selon les accords d'apprentissage.

Repos obligatoire : Les jeunes mineurs doivent bénéficier d'au moins un jour de repos par semaine, de préférence le dimanche. De plus, une pause quotidienne d'au moins 30 minutes doit être accordée lors d'une journée de 6 heures ou plus de travail.

Travail de nuit : Le travail de nuit est formellement interdit pour les mineurs de moins de 18 ans, sauf dans certains secteurs spécifiques comme les hôpitaux, où des dérogations limitées peuvent être accordées.

Congés payés : Les jeunes travailleurs ont droit aux congés payés dans les mêmes conditions que les adultes, soit au minimum 15 jours ouvrables par an.

Contrats d'apprentissage et programmes de formation

Le système d'apprentissage au Burundi offre une alternative importante à l'emploi traditionnel, permettant aux jeunes d'acquérir des compétences professionnelles tout en se conformant à la législation sur la protection des mineurs.

Durée de l'apprentissage : Un contrat d'apprentissage dure généralement de 2 à 4 ans selon le métier et le niveau de qualification visé. Le jeune apprenti doit être âgé d'au moins 14 ans pour commencer un apprentissage.

Contenu du contrat : Le contrat d'apprentissage doit spécifier clairement :

  • Le métier ou la spécialité enseignée
  • La durée totale de l'apprentissage
  • Les horaires de travail et de formation théorique
  • La rémunération (indemnité d'apprentissage)
  • Les responsabilités du maître d'apprentissage
  • Les conditions de résiliation

Indemnité d'apprentissage : Les apprentis reçoivent une indemnité plutôt qu'un salaire complet. Cette indemnité est généralement inférieure au salaire minimum applicable aux adultes et augmente progressivement au fil de l'apprentissage.

Programmes d'insertion des jeunes

Le gouvernement burundais, en collaboration avec des partenaires internationaux et des organisations non gouvernementales, met en place des initiatives pour faciliter l'insertion des jeunes sur le marché du travail.

Agence nationale pour l'emploi : Le Burundi dispose d'une structure chargée de favoriser l'emploi des jeunes et de faciliter les connexions entre demandeurs d'emploi et employeurs. Cette agence propose également des conseils en orientation professionnelle.

Programmes de formation professionnelle : Plusieurs instituts de formation professionnelle (IFP) à travers le pays offrent des formations dans divers secteurs : agriculture, construction, hôtellerie-restauration, informatique et services.

Initiatives d'entrepreneuriat : Des programmes d'appui à l'auto-emploi et à la création d'entreprises sont proposés aux jeunes, incluant des formations en gestion d'entreprise et un accès facilité au microfinance.

Partenariats avec le secteur privé : Des accords entre le gouvernement et les entreprises visent à créer des postes d'emploi réservés aux jeunes diplômés et à faciliter les stages en milieu professionnel.

Obligations des employeurs concernant les jeunes

Les employeurs au Burundi doivent respecter un ensemble d'obligations légales lorsqu'ils emploient des jeunes travailleurs :

Obligation Détail
Vérification de l'âge Demander et conserver une preuve d'identité officielle avant l'embauche
Contrat écrit Établir un contrat de travail écrit spécifiant les conditions d'emploi
Santé et sécurité Mettre en place des mesures de protection appropriées à l'âge et à la capacité du jeune
Absence de discrimination Ne pas discriminer sur la base du sexe, de l'origine ou d'autres critères protégés
Immatriculation Enregistrer le jeune travailleur auprès des organismes sociaux compétents
Horaires adaptés Respecter les durées maximales de travail et les périodes de repos

Mécanismes de recours et plaintes

Les jeunes travailleurs et leurs parents ou tuteurs disposent de mécanismes pour signaler les violations des droits du travail. L'inspection du travail au Burundi est habilitée à enquêter sur les plaintes concernant l'emploi d'enfants ou de jeunes en violation de la loi.

Les plaintes peuvent être déposées auprès :

  • De l'inspection du travail locale
  • Des organisations de défense des droits de l'enfant
  • Des syndicats de travailleurs
  • Des autorités judiciaires compétentes

Il est important de noter que le Burundi, bien que disposant d'un cadre légal protecteur, fait face à des défis importants dans l'application effective de ces normes. Les acteurs du marché du travail sont encouragés à se conformer aux dispositions légales et à signaler toute violation constatée aux autorités compétentes.

FAQ

Le salaire minimum interprofessionnel au Burundi est fixé à 35 000 francs burundais (FBu) par mois depuis 2020. Ce salaire s'applique à tous les secteurs d'activité et à tous les employeurs. Il est régulièrement révisé par le gouvernement en fonction de l'inflation et de la situation économique.

Un employeur peut licencier un salarié pour motif légitime ou cause réelle et sérieuse. Le licenciement sans juste cause ouvre droit à des indemnités de licenciement. L'employeur doit respecter un préavis variant de 7 jours à 2 mois selon le type de contrat. Les travailleurs temporaires ont une protection moins importante que les travailleurs permanents.

Tout salarié au Burundi a droit à minimum 15 jours de congés payés par an après une année complète de travail. Les jours fériés officiels sont également rémunérés. Les congés maladie et maternité sont également protégés par la loi avec des durées spécifiques selon la situation.

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