Reconversion professionnelle au Burkina Faso : guide pratique

Last updated: 22/02/2026 3 views

Le cadre juridique de la reconversion professionnelle

Au Burkina Faso, la reconversion professionnelle est encadrée par le Code du travail (Loi n° 028-2008/AN) qui garantit le droit à la formation continue. L'article 179 stipule que "tout travailleur a droit au perfectionnement de ses connaissances professionnelles".

Le Fonds de Développement de la Formation Professionnelle Continue et de l'Apprentissage (FDFPCA) finance partiellement les actions de formation, alimenté par une cotisation de 1,5% de la masse salariale des entreprises employant au moins 10 salariés.

Évaluer sa situation avant la reconversion

Bilan de compétences personnalisé

  • Identifier ses compétences transférables dans l'économie burkinabè
  • Analyser les secteurs porteurs : mines (contribuant à 15% du PIB), agriculture (représentant 25% du PIB), services
  • Évaluer ses ressources financières en francs CFA XOF
  • Considérer les contraintes familiales et géographiques

Analyse du marché du travail local

Selon l'Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD), le taux de chômage au Burkina Faso était de 5,1% en 2019. Les secteurs les plus demandeurs sont :

  1. Agriculture et élevage (70% de la population active)
  2. Services (commerce, transport, télécommunications)
  3. Industrie minière (or, zinc, manganèse)
  4. BTP et infrastructures
  5. Technologies de l'information

Les étapes clés de la reconversion

Définir son projet professionnel

La reconversion doit s'aligner sur les priorités du Plan National de Développement Économique et Social (PNDES) 2021-2025, qui privilégie :

  • La transformation agricole et agroalimentaire
  • Le développement du secteur minier
  • L'économie numérique
  • Le tourisme et l'artisanat

Recherche d'informations sectorielles

Consulter les organismes spécialisés :

  • Chambre de Commerce et d'Industrie du Burkina (CCI-BF) pour les opportunités commerciales
  • Chambre des Mines pour le secteur minier
  • Ministère de la Fonction Publique pour les concours administratifs
  • Agence Nationale pour l'Emploi (ANPE) pour les statistiques d'emploi

Options de formation disponibles

Formation professionnelle publique

Le Fonds d'Appui au Secteur Informel (FASI) propose des formations courtes (3 à 6 mois) dans :

  • Mécanique automobile et moto
  • Couture et textile
  • Maçonnerie et électricité
  • Coiffure et esthétique
  • Transformation agroalimentaire

Enseignement technique et professionnel

Les Centres de Formation Professionnelle et Technique (CFPT) offrent des formations diplômantes (CAP, BEP) d'une durée de 1 à 3 ans :

  1. Lycée Technique de Ouagadougou
  2. Centre de Formation Professionnelle de Bobo-Dioulasso
  3. Institut Burkinabè des Arts et Métiers (IBAM)
  4. École Nationale des Régies Financières (ENAREF)

Formation universitaire et continue

L'Université Joseph Ki-Zerbo et l'Université Nazi Boni proposent des formations continues et des masters professionnels adaptés aux adultes en reconversion.

Financement de la reconversion

Dispositifs publics

  • FDFPCA : prise en charge partielle des frais de formation (à vérifier le pourcentage exact)
  • Projet d'Appui à la Formation Technique et Professionnelle (PAFTP) financé par la Banque Mondiale
  • Programme de Développement de la Formation Continue (PDFC)

Partenaires internationaux

Plusieurs organisations soutiennent la formation professionnelle :

  • Coopération française via l'Agence Française de Développement
  • GIZ (coopération allemande) pour les formations techniques
  • Coopération suisse dans l'agriculture et l'artisanat
  • Union Européenne à travers différents programmes sectoriels

Microfinance et crédit

Les institutions de microfinance comme RCPB, Coris Bank ou SOFITEX proposent des crédits formation remboursables sur 12 à 36 mois.

Accompagnement et insertion professionnelle

Structures d'accompagnement

  • Agence Nationale pour l'Emploi (ANPE) : orientation et placement
  • Centres d'Information et d'Orientation Professionnelle (CIOP)
  • Chambres consulaires pour l'entrepreneuriat
  • Incubateurs comme YELEN ou le Centre d'Incubation de Ouagadougou

Création d'entreprise

La Loi n° 023-2017/AN portant promotion de l'entrepreneuriat au Burkina Faso facilite la création d'entreprises avec :

  • Réduction des frais d'enregistrement
  • Guichet unique au Centre de Formalités des Entreprises (CEFORE)
  • Exonérations fiscales pour les jeunes entreprises (à vérifier les conditions exactes)

Secteurs porteurs pour la reconversion

Agriculture et agroalimentaire

Opportunités dans :

  • Production de céréales (mil, sorgho, maïs, riz)
  • Maraîchage et arboriculture
  • Élevage (bovins, ovins, volaille)
  • Transformation agroalimentaire

Secteur minier

Avec plus de 12 mines industrielles en exploitation, les besoins portent sur :

  • Maintenance d'équipements miniers
  • Logistique et transport
  • Services aux entreprises minières
  • Environnement et sécurité

Numérique et technologies

Le Burkina Digital 2025 prévoit de créer 15 000 emplois dans le numérique d'ici 2025 :

  • Développement web et mobile
  • Commerce électronique
  • Services financiers numériques
  • Formation et e-learning

Conseils pratiques pour réussir

Préparation administrative

  1. Obtenir un extrait de casier judiciaire
  2. Mettre à jour sa Carte Nationale d'Identité Burkinabè (CNIB)
  3. Constituer un dossier de candidature complet
  4. Préparer des attestations d'expérience professionnelle

Réseau et opportunités

Participer aux événements professionnels comme :

  • Salon de l'Emploi et de l'Entrepreneuriat (SENTREP)
  • Salon International de l'Artisanat de Ouagadougou (SIAO)
  • Forums sectoriels organisés par les chambres consulaires

Note importante : Les montants des financements et certaines modalités spécifiques sont à vérifier auprès des organismes concernés, les dispositifs évoluant régulièrement selon les budgets alloués et les priorités gouvernementales.

Share: