Vue d'ensemble de l'économie informelle au Mali
L'économie informelle représente une part considérable de l'activité économique au Mali, employant plus de 70% de la population active selon les données de l'Institut National de la Statistique (INSTAT). Ce secteur constitue un pilier fondamental de l'économie malienne, particulièrement dans un contexte où le secteur formel peine à absorber la main-d'œuvre croissante.
Les activités informelles se concentrent principalement dans :
- Le commerce de détail et la vente ambulante
- L'artisanat traditionnel (textile, métallurgie, menuiserie)
- L'agriculture de subsistance et l'élevage
- Les services de proximité (réparation, coiffure, restauration)
- Le transport urbain (taxis, motos-taxis)
Cadre juridique et réglementaire
Lois régissant l'économie informelle
Le Mali dispose d'un cadre juridique spécifique pour encadrer la transition vers la formalité :
- Loi n° 2016-061 du 30 décembre 2016 portant Code de commerce, qui définit les différents statuts d'entreprises
- Décret n° 2019-0853/P-RM du 31 octobre 2019 fixant les modalités de création et de fonctionnement des micro-entreprises
- Loi n° 2017-020 du 11 mai 2017 relative à la promotion de l'emploi et de la formation professionnelle
Institutions de soutien
Plusieurs organismes accompagnent la formalisation et l'auto-emploi :
- Agence Nationale pour l'Emploi (ANPE) : accompagnement à l'insertion professionnelle
- Agence de Promotion des Investissements au Mali (API-Mali) : facilitation de la création d'entreprises
- Fonds d'Appui aux Activités Rémunératrices des Femmes (FAARF) : financement spécifique aux femmes entrepreneures
- Programme d'Appui aux Micro-Entreprises Rurales (PAMER) : soutien au développement rural
Processus de formalisation des activités
Étapes de création d'une micro-entreprise
La formalisation d'une activité informelle suit un processus simplifié :
- Déclaration d'existence auprès du Centre de Formalités des Entreprises (CFE)
- Obtention du Numéro d'Identification Nationale des Entreprises (NINE)
- Inscription au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier (RCCM) pour les activités commerciales
- Déclaration fiscale auprès de la Direction Générale des Impôts (DGI)
- Affiliation à l'Institut National de Prévoyance Sociale (INPS) pour la protection sociale
Coûts de formalisation
Les frais de création varient selon le type d'activité :
- Micro-entreprise individuelle : environ 25 000 XOF
- Société à Responsabilité Limitée Unipersonnelle (SARLU) : environ 150 000 XOF
- Association ou coopérative : environ 50 000 XOF
Note : Ces montants sont à vérifier auprès des autorités compétentes car ils peuvent évoluer.
Régimes fiscaux pour l'auto-emploi
Régime d'imposition des micro-entreprises
Le Mali propose plusieurs régimes fiscaux adaptés aux petites activités :
- Régime de l'impôt synthétique : pour un chiffre d'affaires annuel inférieur à 50 millions XOF
- Régime réel simplifié : pour un chiffre d'affaires entre 50 et 500 millions XOF
- Régime réel normal : au-delà de 500 millions XOF
Avantages fiscaux
Les nouvelles entreprises bénéficient d'incitations :
- Exonération de l'impôt sur les bénéfices pendant les 3 premières années (à vérifier)
- Réduction de 50% sur l'impôt synthétique la première année
- Possibilité d'étalement du paiement des impôts
Secteurs porteurs pour l'auto-emploi
Opportunités dans l'agriculture
L'agriculture offre de nombreuses possibilités d'auto-emploi :
- Maraîchage périurbain : légumes pour les marchés urbains
- Élevage de volaille : forte demande locale
- Transformation agroalimentaire : karité, mangues, céréales
- Apiculture : production de miel et dérivés
Services et artisanat
Les services de proximité présentent un potentiel important :
- Réparation d'équipements électroniques et électroménagers
- Services de nettoyage et d'entretien
- Formation et cours particuliers
- Artisanat d'art et décoration
- Services de livraison et transport
Économie numérique
Le secteur du numérique offre de nouvelles opportunités :
- Services de transfert d'argent mobile
- Création de sites web et applications
- Formation informatique
- E-commerce et vente en ligne
Accès au financement
Institutions de microfinance
Plusieurs structures proposent des financements adaptés :
- Kafo Jiginew : plus grande institution de microfinance du Mali
- Microcred Mali : spécialisée dans le financement des micro-entreprises
- Soro Yiriwaso : focus sur les femmes entrepreneures
- Banques communautaires : financement local et solidaire
Programmes gouvernementaux
L'État malien soutient l'auto-emploi à travers :
- Fonds National d'Appui à la Formation Professionnelle et à l'Apprentissage (FAFPA)
- Programme National de Promotion de l'Auto-Emploi des Jeunes (PROCEJ)
- Fonds de Garantie pour le Secteur Privé (FGSP)
Défis et solutions
Principaux obstacles
Les auto-entrepreneurs font face à plusieurs défis :
- Accès limité au crédit formel
- Manque de formation en gestion d'entreprise
- Insuffisance des infrastructures de base
- Concurrence déloyale du secteur informel
- Complexité administrative perçue
Stratégies de réussite
Pour réussir dans l'auto-emploi au Mali :
- Se former : acquérir des compétences techniques et managériales
- Constituer un réseau : rejoindre des associations professionnelles
- Innover : adapter les produits et services aux besoins locaux
- Planifier : élaborer un business plan réaliste
- Épargner : constituer un fonds de roulement avant de démarrer
Perspectives d'avenir
L'économie informelle malienne évolue vers plus de structuration avec :
- La digitalisation des services financiers
- L'émergence de plateformes de commerce électronique
- Le développement de chaînes de valeur intégrées
- La création de zones économiques spéciales
- Le renforcement des politiques de soutien à l'entrepreneuriat
Ces évolutions offrent de nouvelles opportunités pour les auto-entrepreneurs maliens désireux de formaliser leurs activités et d'accéder à de nouveaux marchés.