Salaire minimum et grilles salariales au Cameroun en 2024

Derniere mise a jour : 22/02/2026 1 vues

Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG)

Le SMIG au Cameroun est fixé à 41 875 FCFA par mois depuis le décret n°2014/2217/PM du 18 juillet 2014. Ce montant s'applique aux travailleurs du secteur privé non-agricole et constitue le plancher salarial légal pour une durée de travail de 40 heures par semaine.

Le SMIG horaire est calculé à 241 FCFA sur la base de 173,33 heures mensuelles. Cette base de calcul découle de l'application du Code du travail camerounais (Loi n°92-007 du 14 août 1992).

  • SMIG mensuel : 41 875 FCFA
  • SMIG horaire : 241 FCFA
  • Base horaire mensuelle : 173,33 heures
  • Durée légale hebdomadaire : 40 heures

Le salaire minimum agricole garanti (SMAG)

Le secteur agricole dispose d'un régime spécifique avec le SMAG fixé à 35 000 FCFA par mois selon le même décret de 2014. Cette différenciation s'explique par les spécificités du travail agricole et les conditions économiques du secteur primaire.

Le SMAG concerne :

  • Les exploitations agricoles
  • Les entreprises d'élevage
  • Les activités forestières
  • Les coopératives agricoles
  • Les agro-industries de première transformation

Grilles salariales de la fonction publique

Classification des fonctionnaires

La fonction publique camerounaise applique un système de classification basé sur le Statut général de la fonction publique (Décret n°94/199 du 7 octobre 1994, modifié). Les agents sont répartis en catégories avec des échelles indiciaires spécifiques.

Catégories principales :

  1. Catégorie A : Fonctionnaires de conception (Bac+3 minimum)
    • Échelle A1 : Indices 470 à 780
    • Échelle A2 : Indices 550 à 890
    • Échelle A3 : Indices 630 à 1000
  2. Catégorie B : Fonctionnaires d'application (Bac à Bac+2)
    • Échelle B1 : Indices 350 à 580
    • Échelle B2 : Indices 410 à 680
  3. Catégorie C : Agents d'exécution (BEPC/CAP)
    • Échelle C1 : Indices 270 à 450
    • Échelle C2 : Indices 315 à 525

Calcul des rémunérations publiques

Le salaire de base est calculé selon la formule : Indice × Valeur du point d'indice. La valeur du point d'indice est de 183 FCFA (à vérifier pour 2024).

S'ajoutent au salaire de base :

  • Prime de transport : 25 000 FCFA
  • Prime de logement : variable selon la zone
  • Allocations familiales : 2 500 FCFA par enfant (4 maximum)
  • Primes spécifiques selon les corps et grades

Grilles salariales sectorielles

Secteur bancaire

Le secteur bancaire camerounais applique la Convention collective des banques qui prévoit des rémunérations supérieures au SMIG :

  • Catégorie 1 : 80 000 à 120 000 FCFA
  • Catégorie 2 : 120 000 à 180 000 FCFA
  • Catégorie 3 : 180 000 à 300 000 FCFA
  • Catégorie 4 : 300 000 à 500 000 FCFA

Secteur des télécommunications

Les entreprises de télécommunications suivent généralement des grilles salariales alignées sur les standards internationaux, avec des salaires d'entrée oscillant entre 150 000 et 250 000 FCFA pour les techniciens, et pouvant dépasser 500 000 FCFA pour les cadres supérieurs.

Secteur pétrolier

L'industrie pétrolière offre les rémunérations les plus élevées du marché camerounais :

  • Techniciens : 200 000 à 400 000 FCFA
  • Ingénieurs juniors : 400 000 à 800 000 FCFA
  • Cadres expérimentés : 800 000 à 2 000 000 FCFA

Évolutions récentes et perspectives

Revalorisation du SMIG

Le SMIG camerounais n'a pas été revalorisé depuis 2014, malgré l'inflation et les revendications syndicales. Les organisations de travailleurs réclament régulièrement une augmentation à 75 000 FCFA, soit une hausse de près de 80%.

Harmonisation CEMAC

Dans le cadre de l'intégration économique de la CEMAC, des discussions sont en cours pour harmoniser les politiques salariales entre les pays membres. Le Cameroun, avec 287 offres d'emploi recensées actuellement, reste l'un des marchés de l'emploi les plus dynamiques de la sous-région.

Obligations légales des employeurs

Respect des minima salariaux

Le Code du travail impose aux employeurs de respecter les salaires minimums sous peine de sanctions pénales et civiles. Les contrôleurs du travail peuvent procéder à des vérifications et dresser des procès-verbaux en cas d'infractions.

Déclarations obligatoires

Les employeurs doivent :

  1. Déclarer les salaires à la CNPS (Caisse Nationale de Prévoyance Sociale)
  2. Respecter les taux de cotisations sociales (16,2% employeur + 4,2% salarié)
  3. Effectuer les retenues fiscales selon le barème de l'impôt sur le revenu
  4. Tenir un livre de paie conforme aux exigences légales

Négociations collectives et accords d'entreprise

Le droit camerounais encourage les négociations collectives permettant d'améliorer les conditions salariales au-delà des minima légaux. Les conventions collectives sectorielles et les accords d'entreprise peuvent prévoir des grilles salariales plus favorables, sous réserve de respecter le principe de faveur.

Les principaux syndicats impliqués dans ces négociations sont la CGSL (Confédération Générale des Syndicats Libres), l'USLC (Union des Syndicats Libres du Cameroun) et la CSC (Confédération Syndicale du Cameroun).

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