Travail des jeunes au Cameroun : âge minimum et insertion

Derniere mise a jour : 22/02/2026 5 vues

Cadre légal du travail des jeunes au Cameroun

Le Cameroun dispose d'un arsenal juridique complet pour encadrer le travail des jeunes et protéger les mineurs. La législation camerounaise s'appuie principalement sur le Code du travail de 1992 et ses modifications ultérieures, ainsi que sur les conventions internationales ratifiées par le pays.

Âge minimum légal d'emploi

Selon l'article 86 du Code du travail camerounais, l'âge minimum d'admission à l'emploi est fixé à 14 ans. Cette disposition s'aligne sur les standards internationaux établis par l'Organisation Internationale du Travail (OIT).

  • 14 ans : âge minimum général pour les travaux légers
  • 16 ans : âge minimum pour les travaux susceptibles de nuire à la santé
  • 18 ans : âge minimum pour les travaux dangereux ou de nuit

Travaux interdits aux mineurs

Le Code du travail camerounais prohibe expressément certaines catégories de travaux pour les jeunes de moins de 18 ans :

  1. Les travaux souterrains dans les mines et carrières
  2. Les travaux exposant à des substances toxiques ou nocives
  3. Les travaux de nuit (entre 20h et 6h)
  4. Les activités dans les débits de boissons
  5. Les travaux nécessitant un effort physique excessif

Protection sociale et conditions de travail

Durée du travail pour les jeunes

La législation camerounaise prévoit des dispositions spécifiques concernant la durée du travail des jeunes travailleurs :

  • Jeunes de 14 à 16 ans : maximum 4 heures par jour et 24 heures par semaine
  • Jeunes de 16 à 18 ans : maximum 8 heures par jour et 40 heures par semaine
  • Repos hebdomadaire : minimum 2 jours consécutifs obligatoires

Rémunération des jeunes travailleurs

Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) au Cameroun s'élève à 36 270 FCFA par mois. Les jeunes travailleurs bénéficient des mêmes droits salariaux que les adultes pour un travail équivalent, conformément au principe de non-discrimination.

Lutte contre le travail des enfants

Ampleur du phénomène

Selon les dernières données disponibles de l'Institut National de la Statistique (INS), environ 47% des enfants de 5 à 17 ans sont impliqués dans des activités économiques au Cameroun. Parmi eux, 31% exercent des travaux considérés comme dangereux.

Secteurs les plus concernés

Le travail des enfants au Cameroun se concentre principalement dans :

  • Agriculture : 85% des enfants travailleurs (cacao, café, coton)
  • Commerce informel : vente ambulante, marchés
  • Activités domestiques : employés de maison
  • Mines artisanales : orpaillage, extraction de sable
  • Pêche : particulièrement dans les régions côtières

Sanctions et répression

Le Code pénal camerounais prévoit des sanctions sévères pour les infractions liées au travail des enfants :

  • Amende : de 20 000 à 200 000 FCFA
  • Emprisonnement : de 10 jours à 2 ans
  • Fermeture d'établissement : temporaire ou définitive

Programmes d'insertion professionnelle des jeunes

Programme d'Appui à la Jeunesse Rurale et Urbaine (PAJRU)

Lancé en 2015, le PAJRU vise à insérer 25 000 jeunes par an dans le tissu économique camerounais. Le programme propose :

  1. Formation professionnelle : dans 50 métiers porteurs
  2. Accompagnement entrepreneurial : création de micro-entreprises
  3. Financement : prêts à taux préférentiel jusqu'à 10 millions FCFA
  4. Suivi post-formation : pendant 24 mois

Programme Intégré d'Appui aux Acteurs du Secteur Informel (PIAASI)

Ce programme gouvernemental cible spécifiquement les jeunes de 18 à 35 ans avec un budget de 30 milliards FCFA sur cinq ans. Il comprend :

  • Formation technique et professionnelle
  • Octroi de kits d'installation
  • Accompagnement dans la formalisation des activités
  • Facilitation de l'accès au crédit

Centres de Formation Professionnelle Rapide (CFPR)

Le Cameroun compte actuellement plus de 200 CFPR répartis sur l'ensemble du territoire national. Ces centres offrent des formations courtes de 3 à 12 mois dans des domaines comme :

  • Mécanique automobile
  • Couture et textile
  • Maçonnerie et BTP
  • Informatique et bureautique
  • Agriculture et élevage

Apprentissage et formation en alternance

Cadre réglementaire de l'apprentissage

L'apprentissage au Cameroun est régi par le décret n° 93/027 du 19 janvier 1993. Les principales dispositions incluent :

  • Contrat d'apprentissage écrit obligatoire
  • Durée : de 1 à 4 ans selon le métier
  • Rémunération progressive : de 25% à 75% du SMIG
  • Couverture sociale : prise en charge par l'employeur

Secteurs d'apprentissage prioritaires

Le gouvernement camerounais a identifié plusieurs secteurs prioritaires pour l'apprentissage des jeunes :

  1. Agro-industrie : transformation des produits agricoles
  2. BTP : maçonnerie, plomberie, électricité
  3. Artisanat : menuiserie, soudure, couture
  4. Services : hôtellerie, restauration, commerce
  5. Numérique : maintenance informatique, développement web

Défis et perspectives

Principaux défis

Malgré les efforts déployés, plusieurs défis persistent dans la protection des jeunes travailleurs au Cameroun :

  • Secteur informel : difficile à contrôler (représente plus de 70% de l'économie)
  • Pauvreté : pousse les familles à faire travailler les enfants
  • Capacités de contrôle limitées : insuffisance d'inspecteurs du travail
  • Sensibilisation : méconnaissance des droits par les populations rurales

Initiatives en cours

Pour relever ces défis, le Cameroun développe plusieurs initiatives :

  • Renforcement du corps des inspecteurs du travail
  • Campagnes de sensibilisation en langues locales
  • Partenariats avec les ONG internationales
  • Digitalisation des procédures d'insertion professionnelle

Avec 287 offres d'emploi actuellement disponibles sur les plateformes spécialisées, le marché du travail camerounais offre des opportunités aux jeunes qualifiés, particulièrement dans les secteurs en croissance comme l'agro-industrie et les services numériques.

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