Charges sociales et fiscales des employeurs en Algérie - Guide 2024

Derniere mise a jour : 22/02/2026 2 vues

Vue d'ensemble du système de charges sociales algérien

En Algérie, les employeurs sont soumis à un ensemble de charges sociales et fiscales strictement réglementées par le Code du travail (Loi n° 90-11) et les textes de la sécurité sociale. Ces charges représentent environ 35% à 40% du salaire brut versé aux employés, constituant un poste budgétaire significatif pour les entreprises.

Le système algérien distingue plusieurs types de prélèvements obligatoires que l'employeur doit effectuer et verser aux organismes compétents, principalement la Caisse Nationale des Assurances Sociales des Travailleurs Salariés (CNAS) et la Caisse Nationale d'Assurance Chômage (CNAC).

Cotisations sociales patronales

Cotisations à la CNAS (Sécurité Sociale)

L'employeur doit verser les cotisations suivantes à la CNAS :

  • Assurances sociales : 12,5% du salaire brut
  • Accidents du travail et maladies professionnelles : 1,25% du salaire brut
  • Retraite : 10% du salaire brut (part patronale)
  • Retraite anticipée : 0,25% du salaire brut

Le total des cotisations CNAS représente donc 24% du salaire brut à la charge de l'employeur, calculées sur un plafond de cotisation fixé à 8 fois le SNMG (à vérifier pour 2024).

Cotisations à la CNAC (Assurance Chômage)

Depuis l'instauration de l'assurance chômage par l'Ordonnance n° 94-11, l'employeur verse :

  • Cotisation chômage : 1,5% du salaire brut

Autres cotisations sociales

L'employeur doit également s'acquitter de :

  • Œuvres sociales : 1,5% du salaire brut
  • Formation professionnelle continue : 1% de la masse salariale annuelle (Loi n° 81-07)
  • Taxe d'apprentissage : 1% de la masse salariale (à vérifier)

Charges fiscales sur les salaires

Impôt sur le Revenu Global (IRG)

L'employeur agit comme collecteur de l'IRG selon un système de retenue à la source. Les taux progressifs s'appliquent selon le barème suivant :

  1. Jusqu'à 120 000 DZD/an : 0%
  2. De 120 001 à 360 000 DZD/an : 20%
  3. De 360 001 à 1 440 000 DZD/an : 30%
  4. Au-delà de 1 440 000 DZD/an : 35%

L'employeur doit déclarer et verser cet impôt mensuellement avant le 20 du mois suivant.

Versement Forfaitaire (VF)

Les entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse certains seuils sont soumises au Versement Forfaitaire :

  • Taux standard : 2% de la masse salariale mensuelle
  • Secteur du bâtiment : 1% de la masse salariale (à vérifier)

Modalités de déclaration et de paiement

Déclarations mensuelles

L'employeur doit effectuer plusieurs déclarations obligatoires :

  • Déclaration CNAS : avant le 20 du mois suivant
  • Déclaration CNAC : avant le 20 du mois suivant
  • Déclaration IRG : série G n°50 avant le 20 du mois suivant
  • Versement Forfaitaire : avant le 20 du mois suivant

Déclarations annuelles

Certaines obligations sont annuelles :

  • Déclaration annuelle des salaires (DAS) : avant le 30 avril de l'année suivante
  • Formation professionnelle : déclaration et versement annuels

Sanctions et pénalités

Retards de paiement

En cas de retard dans le versement des cotisations sociales :

  • Majorations CNAS : 3% par mois de retard
  • Majorations CNAC : 3% par mois de retard
  • Majorations fiscales : 25% d'astreinte plus 3% par mois

Défaut de déclaration

Le non-respect des obligations déclaratives expose l'employeur à :

  • Amende fiscale : de 5 000 à 50 000 DZD selon la gravité
  • Taxation d'office par l'administration fiscale
  • Poursuites pénales en cas de récidive ou de montants importants

Particularités sectorielles et exonérations

Dispositifs d'aide à l'emploi

Plusieurs dispositifs offrent des exonérations partielles :

  • ANSEJ (jeunes entrepreneurs) : exonération totale pendant 3 ans puis partielle
  • ANGEM (microcrédit) : conditions d'exonération spécifiques
  • Emploi de jeunes diplômés : réduction des charges pendant 3 ans (à vérifier les conditions actuelles)

Zones spéciales

Les entreprises implantées dans certaines zones bénéficient d'avantages :

  • Hauts Plateaux et Sud : réductions de charges sociales
  • Zones industrielles : avantages fiscaux temporaires

Conseils pratiques pour les employeurs

Gestion administrative

Pour optimiser la gestion des charges sociales et fiscales :

  1. Tenir une comptabilité rigoureuse des salaires et charges
  2. Effectuer les déclarations dans les délais pour éviter les pénalités
  3. Vérifier régulièrement les évolutions réglementaires
  4. Former le personnel RH aux obligations sociales et fiscales

Optimisation légale

Les employeurs peuvent légalement optimiser leurs charges en :

  • Utilisant les dispositifs d'aide disponibles pour l'emploi des jeunes
  • Structurant la rémunération avec des avantages en nature optimisés
  • Respectant scrupuleusement les plafonds de cotisations

Note : Les taux et montants mentionnés dans ce guide doivent être vérifiés auprès des organismes officiels car ils peuvent évoluer annuellement. Il est recommandé de consulter régulièrement les textes officiels de la CNAS, CNAC et Direction Générale des Impôts.

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