Intégration régionale de l'Algérie : UMA, UA et accords d'emploi

Derniere mise a jour : 22/02/2026 3 vues

Position de l'Algérie dans l'intégration régionale africaine

L'Algérie, contrairement à de nombreux pays d'Afrique subsaharienne, n'est membre ni de la CEDEAO (Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest), ni de la CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale), ni de l'EAC (Communauté de l'Afrique de l'Est). Le pays fait partie intégrante de l'Afrique du Nord et participe à d'autres mécanismes d'intégration régionale spécifiques à cette zone géographique.

Union du Maghreb Arabe (UMA)

Cadre institutionnel

L'Algérie est membre fondateur de l'Union du Maghreb Arabe (UMA) créée le 17 février 1989 par le Traité de Marrakech, aux côtés du Maroc, de la Tunisie, de la Libye et de la Mauritanie. Cette organisation vise à promouvoir l'intégration économique et la coopération entre les pays du Maghreb.

Libre circulation et emploi dans l'UMA

  • Convention maghrébine de sécurité sociale signée en 1991
  • Accords de suppression des visas entre certains pays membres (à vérifier pour les accords bilatéraux spécifiques)
  • Protocoles de coopération en matière de formation professionnelle
  • Échanges de main-d'œuvre dans certains secteurs (pétrole, gaz, BTP)

Impact limité : Malgré ces accords, l'intégration effective reste faible en raison des tensions politiques régionales, notamment entre l'Algérie et le Maroc depuis la fermeture de la frontière terrestre en 1994.

Union Africaine (UA) et intégration continentale

Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF)

L'Algérie a signé l'Accord portant création de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF) en mars 2018 et l'a ratifié en à vérifier la date exacte de ratification. Cet accord, entré en vigueur le 1er janvier 2021, constitue le plus grand accord de libre-échange au monde en termes de participants depuis la création de l'OMC.

Protocole sur la libre circulation des personnes

  • Suppression progressive des visas d'entrée
  • Droit de résidence pour les citoyens africains
  • Droit d'établissement pour les activités économiques
  • Calendrier de mise en œuvre échelonné sur 15 ans

État d'avancement : L'Algérie n'a pas encore ratifié le Protocole sur la libre circulation des personnes de l'UA (à vérifier statut actuel).

Accords bilatéraux et régionaux spécifiques

Coopération avec l'Afrique subsaharienne

L'Algérie a développé des partenariats économiques avec plusieurs pays d'Afrique subsaharienne :

  1. Mali : Accords de coopération économique et technique
  2. Niger : Partenariats dans le secteur énergétique
  3. Burkina Faso : Coopération en matière de formation
  4. Sénégal : Accords commerciaux et d'investissement

Relations avec la Tunisie

Relations privilégiées en matière de mobilité des travailleurs :

  • Dispense de visa pour les séjours de moins de 90 jours
  • Accords de reconnaissance mutuelle des diplômes dans certains domaines
  • Coopération renforcée dans l'enseignement supérieur et la recherche

Cadre juridique algérien sur l'emploi des étrangers

Lois et réglementations

Le cadre juridique algérien régissant l'emploi des travailleurs étrangers comprend :

  • Loi n° 90-11 du 21 avril 1990 relative aux relations de travail
  • Ordonnance n° 75-31 du 29 avril 1975 relative aux conditions générales d'entrée et de séjour des étrangers en Algérie (modifiée)
  • Décret exécutif n° 90-405 du 22 décembre 1990 relatif au contrôle de l'inspection du travail

Procédures pour les travailleurs africains

  1. Obtention d'un visa de travail
  2. Autorisation de travail délivrée par les services de l'emploi
  3. Contrat de travail conforme à la législation algérienne
  4. Couverture de sécurité sociale obligatoire

Impact sur le marché de l'emploi algérien

Secteurs d'activité concernés

Les travailleurs étrangers en Algérie se concentrent principalement dans :

  • Hydrocarbures : Expertise technique spécialisée
  • BTP : Projets d'infrastructure avec entreprises étrangères
  • Enseignement supérieur : Coopérateurs et chercheurs
  • Santé : Personnel médical spécialisé (chiffres à vérifier)

Flux migratoires

L'Algérie accueille également des travailleurs migrants subsahariens, principalement :

  • Migrants de transit vers l'Europe
  • Travailleurs saisonniers dans l'agriculture du Sud
  • Commerçants informels dans les zones frontalières

Défis et opportunités

Obstacles à l'intégration régionale

  • Complexité administrative des procédures de visa et de travail
  • Barrières linguistiques (français/arabe vs. langues locales africaines)
  • Différences de systèmes de formation et de qualification
  • Instabilité politique régionale (Mali, Libye)

Opportunités de développement

  1. ZLECAF : Potentiel d'expansion des échanges commerciaux
  2. Énergie : Expertise algérienne exportable vers l'Afrique subsaharienne
  3. Formation : Développement de programmes d'échange académique
  4. Infrastructure : Participation aux grands projets continentaux

Perspectives d'évolution

L'intégration régionale de l'Algérie en matière d'emploi devrait évoluer selon plusieurs axes :

  • Mise en œuvre progressive des accords ZLECAF
  • Développement de partenariats Sud-Sud avec l'Afrique subsaharienne
  • Modernisation des procédures administratives
  • Renforcement de la coopération technique et de la formation

Note : Les données spécifiques sur les flux de travailleurs et l'impact quantitatif sur l'emploi nécessitent une vérification auprès des sources officielles algériennes (ONS, ministère du Travail).

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