Intégration régionale du Maroc : Union du Maghreb et relations avec l'Afrique

Last updated: 22/02/2026 4 views

Position géographique et choix d'intégration régionale du Maroc

Le Maroc, situé à l'extrême nord-ouest de l'Afrique, occupe une position géographique stratégique entre l'Europe, l'Afrique subsaharienne et le Moyen-Orient. Contrairement à d'autres pays africains, le Maroc n'appartient ni à la CEDEAO (Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest), ni à la CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale), ni à l'EAC (Communauté de l'Afrique de l'Est).

Le royaume privilégie son appartenance à l'Union du Maghreb Arabe (UMA), créée en 1989, qui regroupe l'Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie. Cependant, cette organisation régionale demeure largement inactive en raison des tensions géopolitiques, notamment le différend sur le Sahara occidental avec l'Algérie.

L'Union du Maghreb Arabe : potentiel inexploité

Cadre juridique et objectifs

L'UMA, instituée par le Traité de Marrakech du 17 février 1989, vise à :

  • Réaliser la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux
  • Établir progressivement une politique commune dans tous les domaines
  • Créer les conditions d'une intégration économique graduelle

Obstacles à l'intégration maghrébine

Malgré un PIB combiné de plus de 200 milliards USD (à vérifier), les échanges intra-maghrébins ne représentent que 2,8% du commerce extérieur total de la région, soit l'un des taux les plus faibles au monde. Les principaux obstacles sont :

  • La fermeture de la frontière algéro-marocaine depuis 1994
  • L'absence d'harmonisation des législations du travail
  • Les restrictions sur la libre circulation des travailleurs
  • Les divergences monétaires (MAD, DZD, TND, LYD, MRU)

Stratégie africaine du Maroc : le retour à l'Union Africaine

Réintégration dans l'Union Africaine

Après 33 ans d'absence, le Maroc a réintégré l'Union Africaine en janvier 2017. Cette décision stratégique s'inscrit dans la politique africaine du Roi Mohammed VI, lancée dès 2014 avec la multiplication des visites royales en Afrique subsaharienne.

Partenariats économiques avec l'Afrique de l'Ouest

Bien que n'étant pas membre de la CEDEAO, le Maroc a développé des relations privilégiées avec plusieurs pays de cette région :

  • Sénégal : Plus de 30 entreprises marocaines implantées, secteurs bancaire, télécommunications, BTP
  • Côte d'Ivoire : Investissements dans l'agro-industrie, les mines et les télécommunications
  • Mali : Présence dans le secteur bancaire et des télécommunications
  • Guinée : Projets dans les mines et l'agriculture

Impact sur l'emploi et le marché du travail marocain

Opportunités d'emploi à l'international

L'expansion des entreprises marocaines en Afrique génère de nouvelles opportunités d'emploi :

  1. Secteur bancaire : Attijariwafa Bank, BMCE Bank, Banque Populaire emploient plusieurs milliers de personnes dans leurs filiales africaines
  2. Télécommunications : Maroc Telecom présent dans 10 pays africains avec plus de 15 000 employés (à vérifier)
  3. BTP et infrastructure : Groupes TGCC, Douja Promotion Groupe Chaabi
  4. Agro-industrie : Cosumar, Les Domaines Agricoles

Migration de travail vers le Maroc

Le Maroc attire également une main-d'œuvre qualifiée d'Afrique subsaharienne, particulièrement dans :

  • Les centres d'appels et services numériques
  • L'industrie automobile (Renault-Tanger, PSA-Kénitra)
  • L'aéronautique
  • Le tourisme et l'hôtellerie

Cadre réglementaire de l'emploi international

Législation marocaine sur l'emploi des étrangers

La Loi n° 65-99 formant Code du travail encadre l'emploi des ressortissants étrangers au Maroc. Les principales dispositions sont :

  • Obligation d'obtenir une autorisation de travail préalable
  • Quota de travailleurs étrangers fixé à 10% de l'effectif total de l'entreprise
  • Contrat de travail obligatoire visé par l'autorité compétente
  • Égalité de traitement avec les travailleurs marocains

Accords bilatéraux de main-d'œuvre

Le Maroc a signé plusieurs accords bilatéraux facilitant la circulation des travailleurs :

  1. Convention avec la Tunisie sur l'emploi réciproque
  2. Accord avec le Sénégal sur la coopération en matière d'emploi
  3. Protocoles avec plusieurs pays du Golfe pour l'emploi temporaire

Défis et perspectives d'avenir

Harmonisation des qualifications professionnelles

L'absence d'harmonisation des diplômes et certifications constitue un frein majeur. Des initiatives sont en cours :

  • Reconnaissance mutuelle des diplômes avec certains pays africains
  • Programmes de formation professionnelle adaptés aux standards internationaux
  • Développement de l'enseignement supérieur privé attractif pour les étudiants africains

Enjeux linguistiques

Le bilinguisme arabe-français du Maroc constitue un atout pour l'emploi en Afrique francophone, mais nécessite :

  • Le renforcement de l'enseignement des langues africaines
  • La formation en anglais pour l'expansion vers l'Afrique anglophone
  • L'adaptation des formations techniques aux spécificités régionales

Perspectives économiques

Avec plus de 3 976 offres d'emploi référencées et une économie en croissance, le Maroc pourrait bénéficier davantage de l'intégration régionale africaine. Les secteurs porteurs incluent :

  • Les énergies renouvelables (projet Noor Ouarzazate)
  • L'industrie automobile et aéronautique
  • Les technologies de l'information
  • L'agro-industrie et la pêche

L'intégration régionale du Maroc, bien qu'encore limitée par les contraintes géopolitiques maghrébines, s'oriente résolument vers l'Afrique subsaharienne, créant de nouvelles opportunités d'emploi et de développement économique mutuel.

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