Réformes du droit du travail au Maroc : nouveautés 2024

Last updated: 22/02/2026 5 views

Les principales réformes du Code du travail marocain en 2024

Le Maroc a entrepris plusieurs réformes importantes de son droit du travail en 2024, modernisant le cadre juridique pour mieux répondre aux évolutions du marché de l'emploi. Ces modifications touchent directement les 12 millions d'actifs marocains et visent à améliorer la compétitivité économique du royaume.

Modernisation des contrats de travail

Nouveaux types de contrats flexibles

La Loi n° 65-99 formant Code du travail a été amendée pour introduire de nouveaux mécanismes contractuels :

  • Contrat à durée déterminée renouvelable : possibilité de renouvellement jusqu'à 4 fois (contre 2 précédemment)
  • Travail à temps partiel renforcé : minimum de 15 heures par semaine (au lieu de 20 heures)
  • Contrats saisonniers étendus : durée maximale portée à 8 mois par année civile
  • Télétravail légalisé : cadre juridique officiel avec droits et obligations définis

Protection renforcée des salariés

Les nouvelles dispositions incluent également des mesures protectrices :

  1. Délai de préavis porté à 2 mois minimum pour les cadres supérieurs
  2. Indemnisation majorée en cas de licenciement abusif (jusqu'à 36 mois de salaire)
  3. Obligation de justification écrite pour tout licenciement

Évolutions de la protection sociale

Extension de la couverture maladie

Dans le cadre de la généralisation de la protection sociale, annoncée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, plusieurs mesures sont entrées en vigueur :

  • AMO élargie : couverture obligatoire pour tous les travailleurs indépendants
  • Cotisations réduites : taux préférentiel de 3,5% pour les très petites entreprises
  • Délai de carence supprimé : accès immédiat aux soins pour les nouveaux bénéficiaires

Réforme du système de retraite

La Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) a introduit de nouveaux paramètres :

  1. Âge légal de départ maintenu à 60 ans
  2. Période de cotisation minimale réduite à 1 080 jours (contre 3 240 jours)
  3. Pension minimale garantie fixée à 1 000 MAD par mois
  4. Possibilité de rachat d'années d'études (maximum 3 années)

Renforcement de l'inspection du travail

Nouveaux pouvoirs et sanctions

L'inspection du travail dispose désormais de prérogatives élargies selon les amendements au Dahir n° 1-03-194 :

  • Amendes administratives : de 2 000 à 20 000 MAD selon la gravité
  • Fermeture administrative : possible en cas de danger imminent
  • Contrôles inopinés renforcés : fréquence doublée dans les secteurs à risque
  • Dématérialisation : déclarations obligatoires via plateforme digitale

Focus sur la santé et sécurité au travail

Les nouvelles obligations pour les employeurs comprennent :

  1. Formation obligatoire en sécurité pour tous les nouveaux employés
  2. Comité d'hygiène et sécurité obligatoire dès 50 salariés (contre 100)
  3. Visite médicale d'embauche systématique
  4. Document unique d'évaluation des risques professionnels

Mesures spécifiques pour l'emploi des jeunes

Programme "Forsa" renforcé

Le programme gouvernemental pour l'emploi des jeunes a été consolidé avec :

  • Exonération fiscale : 100% pendant 24 mois pour l'embauche de primo-demandeurs
  • Formation en alternance : 50% du temps en entreprise minimum
  • Aide au transport : prise en charge jusqu'à 300 MAD/mois
  • Accompagnement personnalisé : suivi pendant 12 mois post-embauche

Digitalisation et modernisation administrative

Services dématérialisés

L'administration du travail s'est modernisée avec :

  1. Plateforme "Shoghl" : déclarations d'embauche 100% digitales
  2. Visa électronique : pour les contrats de travailleurs étrangers
  3. Tableau de bord RH digital : suivi en temps réel des effectifs
  4. Médiation en ligne : résolution des conflits du travail à distance

Impact sur le marché de l'emploi

Premiers résultats observés

Selon les données du Haut-Commissariat au Plan :

  • Taux de chômage en baisse : 13,2% au T2 2024 (contre 13,5% en 2023)
  • Créations d'emplois : +89 000 postes au premier semestre 2024
  • Formalisation accrue : +15% de déclarations CNSS
  • Secteurs dynamiques : services (+34%), industrie (+21%)

Défis restants

Malgré ces avancées, certains enjeux persistent :

  1. Chômage des diplômés : 22,8% chez les Bac+3 et plus (à vérifier)
  2. Économie informelle : représente encore environ 35% de l'emploi
  3. Disparités régionales : écarts importants entre urban et rural
  4. Formation professionnelle : inadéquation offre-demande dans certains secteurs

Ces réformes s'inscrivent dans la stratégie nationale de développement économique et social, visant à faire du Maroc un hub attractif pour les investissements et un modèle de développement durable en Afrique du Nord.

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